À PROPOS

Imaginons-nous franchir la porte d'un boudoir. Ressentir le bien-être procuré par cette atmosphère feutrée, propice aux confidences intimes et pourtant tout en pudeur. Ouvrir grand les yeux comme pour mieux s'en imprégner et savourer, simplement, sans attentes... Ralentir. Car si ralentir semble aujourd'hui un luxe, c'est pourtant la promesse de fragiles instants de grâce au sein d'une vie en perpétuel mouvement. Partager, le temps d'un instant, quelques mots jetés à la volée. Les miens, mais aussi les vôtres.

Caroline Bodolec, « La femme au tambour »

juin 3, 2020

Tambour chamanique La femme au tambour

Et le Jour a fait place à la Nuit.

Un voile d'encre, que seules illuminent les étoiles, semble envelopper la terre et les hommes. Le Monde s'endort, bercé par un silence apaisant. Mais eux ne dorment pas car ce soir, ils ont rendez-vous. Au creux de la clairière, le feu crépite haut et fort, illuminant les quelques visages qu'il a rassemblés. Accroupis, pieds nus à même la terre, ils attendent, les joues rosies par sa chaleur, les yeux noyés dans sa lueur.

Bom. Bom. POM. Déjà, les tambours commencent à battre au rythme de la Terre, au rythme de leurs coeurs. Bom. Bom. POM. Captivants, ils apprivoisent l'espace jusqu'à ne laisser aucun vide. Autour, tout s'estompe, même le feu pourtant ardent. Seuls subsistent ces battements. Bom. Bom. POM. Les lèvres s'entrouvrent pour entonner un chant venu des profondeurs de leurs êtres. Bom. Bom. POM. Les yeux mi-clos, ils ne pensent plus, ils s'abandonnent à l'instant. Seuls ou Ensemble. Seuls et Ensemble.

Ils ressentent, comme ont ressenti avant eux les mains qui ont façonné ces tambours, ce lien intangible qui les relie à l’aube du Monde, à l’aube de toute Vie… A l’aube de leur Vie. Car oui, avant que leurs mains ne s’en emparent, d’autres ont déjà effleuré ces tambours. Des mains qui, elles aussi, ont déposé leur empreinte. Caroline Bodolec, "La femme au tambour", revient sur le chemin où l’a menée sa petite voix intérieure, de l’Irlande à la France, du salariat à l’indépendance, du management aux tambours :

J’ai découvert les tambours au travers d’ateliers auxquels je me suis mise à participer quelques mois après mon arrivée en Irlande.

Ces derniers mois avaient été difficiles : j’étais loin de ma famille, je terminais dans la douleur une histoire d’amour compliquée et commençais un nouveau travail, dans un nouveau pays. De plus, je me rendais bien compte que le style de vie dans lequel je me lançais, carriériste et urbain, ne me correspondait pas… Sans savoir comment en sortir.

Pendant les vacances de Noël, je me suis rendue compte que je n’allais vraiment pas bien, j’étais continuellement triste. J’ai touché le fond. Alors, je me suis dit que je n’avais plus rien à perdre, qu’il fallait que j’explore. J’ai donc démarré une psychothérapie et je me suis mise à écouter la petite voix à l’intérieur de moi qui me disait d’aller à des stages de développement personnel et de spiritualité.

Et c’est cette petite voix qui m’a guidée vers une hutte de sudation. Pendant la cérémonie, j’ai eu l’impression d’entendre ma propre voix pour la première fois et d’être enfin chez moi.

Il y avait des tambours, bien sûr. L’organisatrice de cette cérémonie proposait quelques mois après un cours de prêtresse sur un an, dans lequel nous utilisions les tambours.

Elle nous encourageait aussi à créer nos propres chants pour des rituels. Cela m’a encouragée à explorer ma propre voix… Et à vouloir un tambour. Ma mère, qui découvrait le chamanisme en même temps que moi en France, m’a alors proposé de m’en offrir un.

Rien ne me prédisposait à créer des tambours. Je ne me considérais pas manuelle, ni vraiment créative.

Quand ma mère m’a proposé de m’offrir un tambour, elle avait une liste de sites en vendant, reçue lors de l’un des stages auxquels elle avait participé. Et dans cette liste, il était écrit que l’activité du dernier, “Tambours Arc En Ciel”, était à vendre, avec un numéro de téléphone.

J’ai dit à ma mère en riant qu’elle devrait reprendre cette activité mais elle n’a pas vraiment relevé. Mais, pour une raison que j’ignore, cette idée m’est restée dans la tête pendant toutes les vacances. Je voyais des arcs-en-ciel partout ! J’ai donc fini par appeler ce numéro.

J’étais un peu méfiante, mais la personne au bout du fil était charmante. Elle m’a proposé de venir faire un premier tambour pour voir. En plus, elle était basée près de Nantes, où mes deux grand-mères habitent.

Je suis allée la voir quelques jours plus tard. Malgré mes peurs et mes doutes, l’attraction était irrésistible et je me suis engagée dans l’aventure dans les jours qui ont suivi ce premier tambour.

A l’époque, je faisais du management de projet dans le service client d’une start-up de paiements en ligne. Rien à voir ! J’ai concilié les deux pendant un an et demi.

En effet, j’avais un emprunt à payer et je ne me sentais pas assez à l’aise avec les tambours pour m’y lancer immédiatement. Et puis, je ne voulais pas mettre de pression financière sur une activité qui me paraît presque sacrée. Cependant, j’avais l’impression de participer par mon travail à un système auquel je ne croyais pas.

J’avais aussi de plus en plus envie d’avoir le temps et l’espace nécessaires à “l’accouchement” des tambours et de tout ce qu’ils représentent.

En février 2019, j’ai craqué. Je ressentais trop de pression au travail et un écartèlement trop grand entre mes deux activités. Je me suis arrêtée un mois et j’ai rapidement compris que j’étais prête à partir, à lâcher la fausse sécurité de ce travail.

De toute façon, le prix à payer en termes de santé mentale était devenu trop grand : j’avais de plus en plus l’impression d’être schizophrène, en passant de l’une à l’autre activité ! Et puis, j’avais pris confiance en moi quant à la confection des tambours. J’ai donc quitté mon travail fin juin et je suis rentrée en France. Et après l’été, je me suis lancée vraiment dans les tambours !

Sur ce chemin, la première épreuve a été de prendre confiance en moi et en la vie.

Je pense que c’est l’épreuve qui se trouve au coeur de toutes les épreuves. En effet, j’ai souvent douté de ma capacité à faire et vendre ces tambours, c’était comme recevoir un héritage ou un cadeau trop grand pour moi !

Il a fallu que je prenne confiance en ma capacité à apprendre et à trouver des solutions. Laurence m’avait formée sur 6 mois, en plusieurs longs week-ends que nous passions ensemble et au cours desquels je passais de la joie au découragement à une vitesse hallucinante, en fonction de mes progrès.

Et, après toutes ces émotions entremêlées, il me fallait retourner à un travail qui me prenait énormément de temps et d’énergie. D’ailleurs, gérer les deux en même temps a été une épreuve en soi et j’étais souvent à bout de nerfs.

C’était comme si mon âme me disait “Vas-y, fais ces tambours” alors que mon humaine répondait “Mais comment veux-tu que je fasse ?”.

Au départ, j’habitais dans un petit appartement qui ne m’aurait pas laissé la place d’avoir tout le matériel et je détestais conduire alors qu’avec les tambours j’allais devoir acquérir un van (qui plus est, un van français alors que j’étais en Irlande !). Mais les solutions sont toutes apparues en temps voulu. D’ailleurs, dès le début Laurence m’avait dit « Tu verras, les solutions viennent, comme des ampoules qui s’allument sur ton chemin ».

Après ce début un peu chaotique, il y a eu des moments de doute. Tous ces moments où je me sentais seule devant une tâche immense et ce que je considérais comme une grande responsabilité : faire vivre les tambours. J’ai eu aussi beaucoup de mal à me sentir légitime dans la fabrication de ces tambours.

Je me sentais bien jeune et surtout je ne suis pas chamane, même si j’ai fait beaucoup d’ateliers et de voyages en lien avec le chamanisme. A l’époque, j’avais alors l’impression de n’être qu’au début d’un long chemin. Et, en plus de cette question de la légitimité, est venue celle des prix, de ma capacité à parler de ce que je faisais avec fierté. Tout cela a pris du temps.

Il y a eu aussi un passage difficile lorsqu’une personne qui organisait un cours de prêtresse auquel j’assistais m’a dit que mes tambours n’étaient pas bien, que je devais changer ma fabrication sous peine de ne jamais y arriver. Il y avait sans doute derrière cette réaction des problématiques de pouvoir. J’ai donc dû arrêter le cours pour continuer à faire ces tambours d’une façon qui me paraissait juste.

Au-delà, ou peut-être grâce à ces difficultés, les tambours ont transformé ma vie et ma vision de la vie.

Laurence m’a ainsi appris à demander de l’aide à l’Univers et à prier quand je ne savais pas comment faire. C’est pour moi une manière de m’en remettre à la Vie. Il y a aussi eu beaucoup de synchronicités qui m’ont aidée à développer cette confiance. Par exemple, le fait de voir des arcs-en-ciel au moment de la prise de décision de rachat.

Ou d’autres encore plus étonnantes : alors que je terminais ma formation avec Laurence, je m’interrogeais sur la recherche de fournisseurs en Irlande. Nous sommes allées dans un Airbnb en pleine campagne irlandaise avec Laurence pour prendre l’air… Et nous y avons découvert que les propriétaires avaient des troncs de cèdre et la machine pour me les découper en lamelles de la bonne taille et me les vendre ! Incroyable.

Il m’est aussi arrivé plusieurs fois d’être sur le point d’arrêter et de recevoir une commande juste à ce moment-là. Je me souviens ainsi d’une nuit d’angoisse où je me suis dit « Cette fois c’est sûr, j’arrête, je vends tout ». Quand je me suis réveillée, j’avais reçu un email d’une personne qui avait trouvé mon site internet - alors que celui-ci n’était pas référencé -, et qui me commandait un tambour. Dans ces moments, je me dis que l’Univers veut vraiment que je fasse des tambours !

Il y a aussi eu beaucoup de rencontres qui m’ont nourrie et que je n’aurais jamais pu faire autrement, par exemple un homme qui faisait de la musique pour des films et qui s’est passionné pour les tambours. Jusqu’à présent, j’ai surtout utilisé les fournisseurs et matières qu’utilisait Laurence avant moi. Mais,

En ce moment, j’apprends à faire mes propres explorations.

Il m’aura fallu ce temps « d’incubation » pour m’approprier suffisamment le savoir transmis et chercher à m’en éloigner. Je fais des tests. L’enjeu pour moi est de trouver un équilibre entre le côté naturel / artisanal, la qualité de la vibration et la « simplicité » (très relative) de la fabrication. Ces différents aspects guident mes choix à la fois sur les matières et les procédés de fabrication.

Au moment de la fabrication, j’aime observer ce qui se passe pour y trouver une symbolique. D’ailleurs, j’ai appris que chaque partie du tambour est un reflet de nous-même. Ainsi, le cadre est la structure du tambour, la peau son côté féminin et émotionnel, la mailloche son côté masculin.

J’aime vivre chaque étape en conscience et en lien avec la symbolique également. Par exemple, pendant le ponçage, je pense à la douceur et à la rondeur que j’apporte au cadre… Et que je m’apporte en même temps. Ou, quand je pose la peau, je regarde si les noeuds des cordages sont bien centrés, ce qui montre que je suis moi-même centrée.

Et ce qui est génial, c’est que pour les commandes, j’observe cette « symbolique » et je constate qu’elle reflète en général ce qui se passe en moi et ce qui se passe pour la personne qui va recevoir le tambour. Comme si un lien était créé entre le tambour, le fabricant et le récepteur. Un autre aspect de la création est le dialogue qui se crée sur le plan physique avec les matières.

La peau et le bois sont des matières “vivantes” : chaque peau et chaque morceau de bois a ses particularités auxquelles il faut s’adapter en tant qu’artisan.

Là aussi, j’aime chercher une forme de perfection tout en sachant que je travaille avec ces matières vivantes. Lors de ce processus de création, je ressens généralement un mélange d’humilité, de joie et de curiosité.

Humilité, parce que je sais que les tambours me dépassent, que le résultat dépend d’un Grand Tout bien plus grand que moi. J’ai d’ailleurs souvent l’impression que les tambours existent avant que je les crée. Je me sens l’instrument et le canal du Grand Tout et de ce qu’on pourrait appeler l’Esprit du Tambour.

Joie, parce que les tambours m'entraînent dans un Monde qui me plaît, un Monde un peu magique, une réalité que je me plais à créer autant que je la vis. Et curiosité aussi, pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que je suis fascinée par ce lien entre mon expérience, le tambour et la personne qui aura le tambour. C’est comme s’il y avait des résonances qui me surprennent à chaque fois. Et cela marche aussi quand je ne fabrique pas sur commande. Il y a souvent des liens étonnants entre les personnes qui choisissent les tambours finis et ce qui s’est passé pendant la création.

Dans le même registre, j’ai souvent l’impression que chaque tambour a une personnalité. En effet, chaque type d’animal à une énergie particulière. Et chaque tambour a aussi une personnalité que je découvre à son contact. Pour cela, il me suffit d’observer comment je me sens au contact de la peau, puis pendant la fabrication. Il y a toujours une qualité, une saveur particulière, que je note en général pour la retranscrire ensuite.

J’ai une approche très intuitive de notre lien au tambour.

Ainsi, quand j’en joue, je ressens généralement une connexion à quelque chose de plus grand (la Terre Mère, mon Âme, mes « guides » ou le Grand Tout). Dans ces moments-là, je constate que le tambour se met à jouer tout seul. Mon mental se met alors au repos et la connexion apparaît.

Des « idées » viennent, souvent sous forme d’un voyage m’apportant des informations et/ou des soins. Cela m’ancre et me recentre. Ce sont des moments où les doutes s’éteignent et où je me relie à celle que je suis vraiment. Je me sens souvent un peu stone après, mais j’aime bien cet “état second”.

J’ai constaté par ailleurs que ce lien et la manière de jouer sont envisagés de manière “particulière” dans certaines cultures. Ainsi, en Mongolie, seuls les chamanes devraient jouer du tambour.

Mais je pense que nous vivons une époque de « démocratisation » du sacré et de toutes ces pratiques spirituelles. Evidemment, cela veut aussi dire qu’on peut trouver de tout et qu’il faut faire attention aux guides que l’on suit. Malgré tout, je suis persuadée qu’en étant bien aligné(e), ancré(e) et en lien avec notre intuition, nous pouvons faire les bons choix et vivre les expériences qui sont justes pour nous. Et que, justement, le tambour aide à notre alignement et notre ancrage.

Aussi, j’aime encourager ceux qui me posent la question à écouter leur petite voix intérieure pour les guider dans leur relation au tambour. Je crois par ailleurs que le tambour est un esprit à part entière, qui peut nous aider si nous le lui demandons. Il s’agit vraiment de nouer et d’explorer une relation avec lui, comme nous le ferions avec un autre être humain. En effet, nous avons chacun notre manière de vivre nos relations...

Il me semble qu’il faut suivre son cœur et son intuition pour choisir son tambour.

La première chose est sans doute le choix entre participer à un stage de fabrication, passer commande ou choisir un tambour déjà fait. Je pense que toutes ces méthodes sont très riches et tout à fait valables. Les stages permettent un lien d’autant plus fort avec l’objet fabriqué.

La commande, quant à elle, permet de mettre son énergie dans le tambour tout en passant par un fabricant expérimenté qui pourra aussi y mettre sa patte. Enfin, choisir un tambour déjà fait permet de s’assurer de notre ressenti par rapport au son et à la vibration. Chacun pourra ressentir ce qu’il préfère.

Une fois ce choix fait, nous pouvons nous mettre en quête du fabricant et/ou du modèle qui nous convient.

Là aussi, soit on laisse notre intuition nous guider, soit on regarde la géographie, les valeurs, les matières… J’adore entrer en contact avec des gens qui cherchent un tambour et voir le lien qui se crée, les résonances. Ensuite, il faudra souvent choisir le type de peau. Là encore, l’intuition est un précieux guide. Ainsi, dans beaucoup de stages de fabrication, le choix se fait «à l’aveugle », en se portant sur une peau qui nous attire plutôt que sur un animal particulier.

Pour les commandes, soit la personne à un animal en tête, soit je discute avec elle pour voir son énergie et là où elle en est dans sa vie. En général, cela permet d’identifier ensemble un animal. A mon sens, le tambour est un outil sur le chemin de la guérison. En effet,

Le battement du tambour nous rappelle quelque chose de primaire, de sauvage, que nous avons tous au fond de nous.

Il nous permet par ailleurs d’effacer le superflu pour revenir à notre essence fondamentale. D’ailleurs, si vous vous jouez à plusieurs, il y a des chances que vous ayez l’impression de voyager vers une autre époque, quand nous vivions encore en tribus et que nous nous regroupions autour du feu.

Et je peux vous dire qu’après avoir joué du tambour, chanté, crié, dansé... On se sent libéré ! Le battement du tambour nous aide en effet à accueillir et transformer les émotions. Des études montrent aujourd’hui que le battement rapide et régulier d’un tambour provoque un état modifié de conscience qui nous permet d’accéder à des informations et à une réalité qui nous sont normalement inaccessibles.

Que l’on croit que ces informations viennent de notre inconscient, de notre imagination, d’énergies stockées dans notre corps, de guides ou de mondes parallèles...

N’a finalement que peu d’importance. L’important est de vivre, de ressentir ces expériences dans notre corps.

Le son relativement grave du tambour permet également de s’ancrer : il met en lien avec la terre. Cet ancrage est très bénéfique pour ceux qui « partent » facilement, ou dans les moments où nos émotions nous emportent.

Enfin, comme le tambour est un enseignant et un guérisseur en lui-même, il est un outil et un guide vers notre indépendance. En effet, nous n’avons pas besoin d’une personne extérieure ou de messages pré-écrits pour aller à la rencontre de nous-même.

Il nous suffit de voyager et de constater que toutes les réponses sont déjà là. Le tambour aide alors à trouver l’ancrage et la clarté qui permettent d’entendre nos propres réponses.

Caroline Bodolec, La femme au tambour

Caroline Bodolec

Artisane à l’âme sensible et aux doigts agiles

Depuis 2019, Caroline se consacre entièrement à la confection de tambours. Bercée par les différentes facettes du chamanisme, dont elle a pu découvrir des bribes lors de ses voyages au Pérou puis en Mongolie, elle aspire à vivre et incarner pleinement la médecine du tambour. Car, loin de n’être qu’un procédé inscrit dans les livres, la confection de tambours nécessite de faire le silence en soi pour être à l’écoute de matières vivantes, racontant chacune leur propre histoire. De faire corps avec la matière, les matières. C’est ce lien précieux, presque sacré, qui relie Caroline aux tambours qui naissent de ses mains. Et, loin de n’être qu’un instrument de musique dont l’on jouerait quelques notes pour s’amuser, le tambour nous invite à plonger dans nos propres profondeurs pour écouter le murmure de notre coeur. À faire corps avec la matière, notre matière. À accueillir, comme Caroline quand elle crée, avec joie, humilité et curiosité ce qui se dit en nous. Crédits photos : Caroline Bodolec, Barry O’Mahony

MARION B.

Âme sauvage et sensible, la tête dans les étoiles et les pieds sur Terre, j'oscille chaque jour entre mon jardin intérieur, fait d'histoires à rêver, et des considérations ô combien terrestres.

En un battement de plumes...